Paroles d'expert
Le blog autour du recyclage

Interview de Jean-Louis Beffa, président d’honneur de Saint-Gobain

Président d’honneur de Saint-Gobain, qu’il a dirigé en tant que P-dg de 1986 à 2007, aujourd’hui senior advisor de la banque Lazard, Jean-Louis Beffa est un grand connaisseur de la question industrielle en France.  Il tire la sonnette d’alarme. À trop s’occuper des consommateurs, l’État ne s’occupe plus des producteurs.

Jean-Louis Beffa - Saint Gobain
INTERVIEW : Jean-Louis Beffa, président d'honneur de Saint-Gobain
Selon vous, la COP 21 a-t-elle marqué un grand tournant pour les chefs d’entreprise français ?
La COP 21 a été un vrai révélateur et a marqué un grand tournant. Les chefs d’entreprise français ont compris qu’ils ne devaient pas passer à côté de cette problématique et s’insérer dans une réelle politique environnementale qui ne soit plus considérée uniquement comme une contrainte inutile. Recycler, réutiliser au mieux les choses, intègre désormais la stratégie de nombreuses entreprises. Je crois que l’industrie du recyclage va s’inscrire dans cette mouvance. Il y a un grand avenir pour ceux qui vont se consacrer à cet objectif, et donc pour Paprec, entreprise dont je connais très bien le président.
Comment va l’industrie française, en 2016 ?
C’est une situation nuancée. Toute une série de fleurons traditionnels se sont effondrés Areva avec le nucléaire, Alcatel-Lucent racheté par Nokia, Alstom quasiment démantelé. À l’inverse, nous avons des secteurs qui se portent très bien : l’aéronautique avec Airbus et Safran, le militaire avec Thales et Dassault, le luxe avec LVMH, ou encore l’alimentaire haut de gamme. Ces entreprises sont souvent établies dans plu-sieurs pays sur plusieurs métiers. C’est le cas de Saint-Gobain, spécialiste du verre pour le bâtiment ou l’automobile, du plâtre, de la laine de verre et des mortiers. Elles se sont modernisées et se sont adaptées à la mondialisation. Le seul problème, c’est que la part de la France dans leur chiffre d’affaires est de moins en moins grande. Elles se sont surtout développées à l’international.
À l’avenir, certains annoncent que la Chine devrait ralentir ses importations de matières premières issues du recyclage : existe-t-il des pays capables de prendre la relève ?
La Chine, avant 1995, n’importait même pas un million de tonnes de vieux papiers par an. Aujourd’hui, ce pays importe 27 millions de tonnes de papiers chaque année. La croissance phénoménale que nous avons connue avec la Chine ne sera pas facile à compenser en termes de consommation de papiers et de plastiques. Toutefois, on observe que la consommation de vieux papiers au Vietnaest en train de croître. On voit qu’en Europe, la Pologne se positionne comme un acteur de plus en plus important dans la consommation de déchets plastique et D3E. La Turquie continue à importer des volumes importants de ferrailles et d’acier de haute qualité. L’Inde va décoller dans les dix prochaines années. En important nos matières issues du recyclage, tous ces pays mis ensemble vont générer une croissance intéressante pour notre secteur.
Bio express de Ranjit Baxi
Évaluez cet article

[yasr_visitor_votes]

Découvrez nos solutions adaptées

Benne

Garantie d'une grande capacité de stockage des déchets et de la réduction du nombre de tournées.

Découvrez ce produit
Borne

Regrouper vos déchets valorisables par apport volontaire dans des bornes dédiées.

Découvrez ce produit
Big Bag

L'accessoire indispensable pour le transport et le stockage des agrégats.

Découvrez ce produit